Les scientifiques demandent l’autorisation de mener des expériences sur des embryons pendant 28 jours

2023-10-30

Des scientifiques de renom au Royaume-Uni préconisent une prolongation importante de la limite actuelle de 14 jours applicable à la recherche sur les embryons, pour la porter à 28 jours. Leur objectif est d’explorer les secrets encore inexploités du développement humain précoce. La prolongation de cette restriction pourrait permettre des avancées…

Des scientifiques éminents du Royaume-Uni plaident pour une prolongation importante de la limite actuelle de 14 jours applicable à la recherche sur les embryons, afin de la porter à 28 jours. Leur objectif est d’explorer les secrets encore inexploités du développement humain précoce. Le prolongement de cette restriction pourrait conduire à des avancées dans la prise en charge de l’infertilité, des fausses couches et des malformations congénitales. L’opinion publique est favorable Une enquête de terrain menée auprès de 70 personnes, financée en partie par l’organisme UK Research and Innovation et le Wellcome Trust, a révélé un sentiment favorable du public à l’égard de la prolongation de la période de recherche. Ces contributions diverses témoignent d’un intérêt croissant pour les avancées scientifiques. Concilier éthique et progrès scientifique La Human Developmental Biology Initiative (HDBI), qui porte cette initiative, cherche à mieux comprendre les points de vue et les préoccupations du public concernant la réglementation de la recherche impliquant des embryons humains. Les questions éthiques et philosophiques sont au cœur de cette discussion. Une règle des 14 jours en cours de réévaluation La limite de 14 jours, établie par le Human Fertilisation and Embryology Act du Royaume-Uni en 1990, est considérée par certains comme une limite arbitraire plutôt que comme une frontière morale stricte. Les scientifiques estiment que cette limite, conçue pour encadrer le développement précoce de l’embryon, entrave une compréhension plus approfondie du développement humain. Après 14 jours, lorsque la « ligne primitive » apparaît, marquant une étape essentielle du développement, toute recherche supplémentaire devient limitée. Certains avancent que le relèvement de cette limite à 28 jours permettrait aux scientifiques d’étudier de près les processus essentiels du développement. Percer les mystères du développement En prolongeant la période de recherche, les experts pensent pouvoir approfondir l’étude du stade critique de la gastrulation, au cours duquel les structures fondamentales des tissus se mettent en place. Ces recherches pourraient éventuellement conduire à des progrès dans les taux de réussite de la fécondation in vitro (IVF) et dans la recherche sur le spina-bifida. Comprendre la fermeture du tube neural, qui formera ensuite le cerveau et la colonne vertébrale, pourrait contribuer à la prise en charge des anomalies du tube neural. Réflexion sur les embryons synthétiques Au-delà de la prolongation de la limite de recherche, un débat croissant porte sur le développement d’embryons synthétiques, créés à partir de cellules souches plutôt que d’ovocytes et de spermatozoïdes. Le Royaume-Uni discute activement de la manière de réglementer ces travaux pionniers, et un ensemble de lignes directrices facultatives devrait être publié prochainement. Au Royaume-Uni, des lois sont en place pour empêcher l’utilisation d’embryons synthétiques afin de créer des bébés. Bien que cette exploration scientifique soit prometteuse pour la prise en charge de pathologies médicales graves, elle reste un sujet de réflexion éthique et juridique, nécessitant le soutien du public et un examen minutieux avant toute modification réglementaire. Sources https://www.bbc.com/news/health-67204553